Par comparaison avec les autres régions du monde, l'Afrique a l'espérance de vie la plus basse (54 ans), les taux de natalité (38 naissances par année par tranche de 1 000 habitants) et de mortalité infantile les plus élevés (88 décès par tranche de 1 000 naissances), et la plus grande croissance démographique prévue (120 % entre 2001 et 2050). Trois maladies seulement - la malaria, la tuberculose et le VIH/sida - sont responsables de près de la moitié des décès attribuables à des maladies infectieuses dans le monde.
L'Afrique subsaharienne compte 90 % des 300 à 500 millions de cas cliniques annuels de malaria dans le monde entier. Cette maladie fait environ un million de morts par année dans le monde, pour la plupart des enfants africains, surtout dans les régions rurales éloignées où l'accès aux services de santé est restreint.
L'Afrique subsaharienne compte plus de 1,5 millions de cas cliniques annuels de tuberculose, et ce nombre augmente rapidement en raison de l'épidémie de VIH/sida. Le sida touche 29 millions de personnes (pour 33,4 millions de personnes infectées dans le monde), provoquant chaque année le décès de deux millions de personnes (sur 2,5 millions de décès dans le monde), dont un quart d'enfants. Le nombre de femmes infectées par le VIH continue de progresser et dépassera bientôt le nombre de cas masculins. Sur les 5,6 millions d'adultes contaminés dans le monde en 1999, 2,3 millions étaient des femmes.
Malgré des progrès encourageants dans certains pays (l'Ouganda et le Sénégal par exemple), le sida constitue maintenant la principale cause de décès en Afrique subsaharienne. La totalité des 21 pays ayant les taux de prévalence du VIH les plus élevés se trouvent dans cette région. L'espérance de vie des habitants de quatre de ces pays (le Botswana, le Malawi, le Mozambique et le Swaziland) est descendue sous les 40 ans.
La mort silencieuse, lente et douloureuse causée par le VIH/sida est une autre forme de violence, tout aussi dévastatrice. Aujourd'hui, la pandémie qui ravage l'Afrique équivaut à un génocide silencieux certes mais terrifiant. Dans beaucoup de communautés, ce sont les vieux qui enterrent les jeunes. On ne mesure pas encore toutes les répercussions culturelles et psychologiques de cette abomination. Avec le sida, la mort est devenue une expérience quotidienne qui remet en question la valeur intrinsèque de la vie. La pandémie force les communautés africaines à réévaluer leur cosmologie et leur spiritualité ancestrale.